Les Coquelicots fleurissent toujours en Palestine 2


Gisèle Tuaillon-Nass, Les Coquelicots fleurissent toujours en Palestine

« Les coquelicots fleurissent toujours en Palestine » pour éclairer La Nuit de Zakhariah et les jours à venir.

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Les coquelicots dans leur fragilité rouge et tremblante frémissent à la moindre brise, au-dessus des ruines et des rocailles, dans le désert, sous le vent du khamsin qui soulève le sable et enveloppe tout d’une chaleur aveuglante.
Les coquelicots symbolisent la résistance palestinienne, et font écho à l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale, à la shoah, à la fondation d’Israël, à la suite des guerres au Proche-Orient, enfin à cette inextinguible soif de colonisation des mouvements extrémistes juifs. Suite de violences habillées du manteau des religions, quand les combats sont ailleurs, pour la terre et pour l’eau.
Là où Dieu promettait le lait et le miel coule le sang des haines, derrière de hauts murs, celui qui vient d’être érigé ne matérialisant que les oripeaux de toujours.


Impossible de renvoyer l’Histoire aux oubliettes, la shoah et la chasse aux juifs c’était ici en Europe ; la fondation d’un nouvel état devait mettre une certaine fin à la diaspora des Hébreux en installant Israël en Palestine, mais on croyait, cette espèce de « on » informel qui aurait voulu se laver les mains et tourner la page, que les Israéliens et les Palestiniens vivraient de bonne entente. 1948, 1956, 1967, 1973, les conflits s’enchaînent et rien n’est réglé, la Palestine c’est comme un poumon oppressé qui s’encrasse, les embrasements sont toujours possibles.

Le roman militant des Coquelicots, en cache un autre : La Nuit de Zakhariah, manuscrit inédit d’une autre narratrice, Léna
Léna, Hélène Farley, photographe américaine venue en Israël pour un reportage et une exposition, croise le jeune Zakhariah, Palestinien, gardien de nuit à l’hôtel, elle fait connaissance avec sa famille. Tout bascule alors, la journaliste ouvre les yeux sur la vie des Palestiniens que la colonisation juive relègue sur des lopins exigus, humilie jour après jour, exacerbant les haines.

Un autre basculement paraît dans ce livre de Gisèle Tuaillon-Nass, connue pour ses romans militants (Les Passagers de l’aube, Le Rendez-vous des sages) Jusqu’alors on sentait la plume allante et avide de rendre justice aux hommes de bonne volonté.
Ici, l’écriture rompt les digues d’une certaine pudeur, elle effleure une sensualité tout orientale, non pas celle d’un Orient fantasmé ou empêtré dans des clichés, mais celle vécue, quelques jours en Palestine, où, le soir et la paix venus, on peut goûter « les capiteux effluves », quand les soubresauts du désir et de la tendresse, pour quelque temps, laissent aux hommes et aux femmes le temps d’aimer.

Gisèle Tuaillon-Nass, Les Coquelicots fleurissent toujours en Palestine, 237 pages, Editions Monvillage, janvier 2012


A propos de josineb

Josiane Bataillard vit à Belfort et boit l'eau du robinet. Elle habite dans les livres, à l’abri des pages où s’écrit la vie à l'endroit, à l'envers.

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