La permaculture en Palestine, chez Fayez et Mouna 3


Chez Fayez et Mouna, Tulkarem, lundi 10 novembre 2014

Visite de deux villages Baqa Sharkiyhe (Baqa Est) et Baqa Gharbiyeh (Baqa Ouest) deux gros villages  (environ 12 000 habitants chacun), séparés par le mur (entre 2000 et 2002) ainsi qu’une enclave de 5 maisons, soit une soixantaine de personnes. Deux villages voisins ont été séparés, et ne peuvent communiquer, l’un étant côté palestinien, l’autre côté israélien (Baqa Gharbiyeh). Pour passer de l’un à l’autre il faut une autorisation.

Les maisons  sont détruites par les bulldozers, (parfois/souvent, des Carterpilar, voir campagne BDS, Boycott, Divestment and Sanctions) , les arbres arrachés ou brûlés, pour certains replantés en zone israélienne, pour établir une zone de sécurité  derrière le mur, côté palestinien. Le terrain gagné l’est toujours sur la Cisjordanie.

Le mur est en dur quand il y a des habitations de part et d’autre, avec des tours de surveillance. De plus en plus souvent les soldats sont remplacés par des caméras. En dehors des zones habitées côté israélien, le mur est fait de  grillage haut et de barbelé rasoir.

Tour de guet avec caméras et poste militaire

Tour de guet avec caméras et poste militaire

Le mur zig-zag suivant les besoins israéliens ; ainsi, par rapport au projet (tel qu’affiché dans la période 2000 2002), il y a eu de nouvelles enclaves pour délimiter une zone dédiée à une base militaire, et une autre pour la station import export, zone de contrôle et transbordement des produits maraîchers de Tulkarem (Cisjordanie), région grosse productrice de légumes, vendus à Israël sous son contrôle.

 

Nous nous rendons près de deux maisons à Nitlet Issa, dont les fenêtres sont à 2 ou 3 mètres du mur, endroits tagués par des militants de France. Un propriétaire d’un immeuble voisin qui devait être détruit, a, en échange de sa non destruction, vu son toit investi et interdit, pour établir un poste militaire d’observation, le mur le traversant sur sa largeur, afin d’y établir l’escalier qui accède au toit. Durant quelques années les habitants ont été expulsés, puis ils ont pu revenir dans les étages inférieurs. Les fenêtres sont murées ou les volets  définitivement clos.

Sous ma fenêtre un mur ? Pourquoi ? dit l'enfant.

Sous ma fenêtre un mur ?
Pourquoi ? dit l’enfant.

 

 

 

 

 

 

Repas chez Fayez. Mouna se démène depuis le matin pour que l’accueil soit à la hauteur de leur générosité et de leur espérance. Deux sortes de soupe, deux plats de résistance, et le délicieux gounafé pour dessert, café.

Visite de l’exploitation maraîchère de Fayez et Mouna et cinq ouvriers.

Ingénieux système pour faire grimper les tomates puis les courber dans le même sens

Ingénieux système pour faire grimper les tomates puis les courber dans le même sens

Pratiques de la permaculture :

  • préparation du sol, creusé à 40 cm de profondeur, sous-sol tapissé de plusieurs couches, branchages, carton, engrais animal, engrais vert (genre BRF, bois réal fragmenté, technique qui vient du Québec)), compost, terre, paillage : le sol est ainsi prêt et exploitable pendant 10 ans.
  • Production de biogaz
  • production d’engrais à partir de l’eau d’une citerne, oxygénée par filtrage sur des cailloux basaltiques, alimentant un bac à poissons, dont les déjections produisent de l’engrais. Une expérience en cours.
  • Tunnels hermétiques pour empêcher pénétration des insectes et pratique pollinisation avec boîtes à abeilles (vendues par Israël)
  • Polyculture sous une même serre. Ingénieux système pour la culture des fraisiers en gouttières en hauteur, avec , récupération de l’eau d’irrigation en surplus, et en dessous des poivrons.
  • Pratique du greffage pour les tomates (mais je n’ai pas vraiment compris)

Vente des produits (produits bio vendus au même prix que les autres)

  • marché de gros à Tulkarem
  • groupements d’achat dans villes voisines
  • clients privés qui viennent sur l’exploitation

A propos de josineb

Josiane Bataillard vit à Belfort et boit l'eau du robinet. Elle habite dans les livres, à l’abri des pages où s’écrit la vie à l'endroit, à l'envers.


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3 commentaires sur “La permaculture en Palestine, chez Fayez et Mouna

  • Noël Claude

    Chère Josiane,

    Merci pour ces notes de voyage si précises. Puisque tu soulignes ce MUR, j’ai vu un film émouvant sur le mur à berlin : De l’autre côté du mur Un film de Christian Schwochow
    « Fin des années 70, quelques années après la mort de son fiancé, Nelly décide de fuir la RDA avec son fils afin de laisser ses souvenirs derrière elle. La jeune femme croit à un nouveau départ de l’autre côté du mur, mais en Occident où elle n’a aucune attache, son passé va la rattraper… La jeune femme va-t-elle enfin réussir à trouver la liberté ? »

    et hier soir , à Nantes, dans le cadre du festival « univerciné allemand » j’ai vu THE CUT (la Blessure) de Fatih AKIN (avec le belfortain Tahar Rahim ) sur le génocide arménien. Certaines scènes ont été tournées dans des lieux désertiques de Jordanie . beau film.

  • Patricia Crelier

    Bonjour à Jo et Claude,

    En lisant les commentaires de Josiane, j’ai aussi bien-sûr pensé au Mur de Berlin, dont certains morceaux sont devenus un lieu de mémoire … Avant la mémoire, il y a eu l’actualité, qui se répète, insidieusement… Heureusement que l’amitié, elle, joue les passe-murailles et que nous pouvons converser sur les ondes de la liberté. Vos histoires nous rappellent combien elle est précieuse. Goûtons le moment…

    Patricia