Un dimanche sur les hauteurs de Beit Jala


Quelques passages ensoleillés dans la pinède aux alentours du monastère de Cremisan à 5 km de Beit Jala. Il est  fermé , vendredi et dimanche sont les deux jours de congé dans la région, impossible d’acheter la moindre bouteille de vin .

Alors ? Balade, silencieuse, au-dessus des vignes, dans la pinède en montant doucement vers Walaja, sans atteindre le village toutefois, un vieil homme me fait signe de redescendre vers le monastère, j’obéis.

De l’autre côté de la vallée, des colonies implantées sur les hauteurs, gigantesques  maquettes prêtes à l’emploi descendues sur le haut des montagnes, les petites montagnes raides de Judée – toits rouges,  mur invisible de loin, on sait que ce sont du grillage et des barbelés hauts, quand aucune maison palestinienne ne les  jouxte, voies d’accès et check-points – . Dans la quiétude matinale.

Depuis le monastère de Cremisan, vue une colonie perchée, comme elles le sont toutes

Depuis le monastère de Cremisan, vue d’une colonie, perchée, comme elles le sont toutes

 

Peu de déchets de plastique, quelques crocus accrochés au talus et les petits chênes touffus de Palestine, le quercus calliprinos dans toute sa vigueur. Une route de campagne relie la vallée au monastère et de l’autre côté à Beit Jala et Walaja, villages proches, cernés par le mur.

p1437236622-3Quercus Calliprinos, photographie empruntée à Paul Starosta, photographe naturaliste

Au-dessus de la montagne de Beit Jala le mur passe juste à côté de l’hôtel Everest, on suppose qu’il se vend avec l’argument : Belle vue sur la nouvelle Grande Muraille de Judée ! Ironies conjuguées de l’histoire et de la géographie. Le pays où coulent le lait et le miel, le pays de l’apartheid, et toujours face aux armes, les mains nues et les bouches presque muettes des Palestiniens, comme murés dans une attente. J’interprète peut-être. Qu’ils me pardonnent.

 

 


A propos de josineb

Josiane Bataillard vit à Belfort et boit l'eau du robinet. Elle habite dans les livres, à l’abri des pages où s’écrit la vie à l'endroit, à l'envers.

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