Poetry, le film de Lee Chang-dong, 2010


Poetry, film écrit et réalisé par Lee Chang-dong, 2010 avec Yoon Jeong-Lee dans le rôle de Mija.

Soirée unique proposée par Cinéma d’aujourd’hui et la bibliothèque municipale de Belfort.

Mija, femme organdi, femme pastel et fleurs et miel, un printemps dans la tourmente, un poème de vie qu’elle n’avait jusqu’alors jamais écrit, et qu’elle attend éperdument.

Elle quitte son appartement étroit et surchargé de meubles, sa cuisine gorgée d’ustensiles et de petits appareils ménagers – tout ce dont elle a besoin pour mettre sur la table, devant son petit fils, collégien bougon et ingrat, au moins cinq bols de nourritures diverses – .

Elle quitte sa ruelle où voisinent les enfants et leurs jeux, les vieilles qui prennent le frais et les voitures .

Elle prend le bus.

Tantôt s’évade dans la campagne, souvent s’en va pour comprendre son monde, qu’une suite de malheurs est venu secouer.

Le suicide d’une jeune collégienne, une connaissance de son petit fils, et le déchirement de sa mère, paysanne sans ressources.

La coalition de cinq pères qui veulent préserver leur réputation en cachant le crime de leurs fils.

Le ménage et la toilette de « Monsieur le Président », un bourgeois vieux, dépendant de ses soins.

Contempler. Le temps retrouvé et bientôt les mots.

Contempler. Le temps retrouvé et bientôt les mots.

Seule envolée vers la beauté : les entretiens de poésie avec un poète, ou les lectures des ami-e-s de la poésie, dans la maison de quartier.

 

 

 

 

 

 

 

 

Poésie

Comme on souhaiterait fleurir ce mot, le faire frémir dans des brises légères, on y ajouterait du rose ou des roses, des vert pastel, des tons de bleu et de violet, comme on aimerait le vêtir de cotonnades séchant dans les élans du vent, le couvrir de chapeaux doux sur la chevelure, et au-dessous revoir le fin sourire de Mija, ses petites sautes de coquetterie et tous ces moments où le visage se fane de rides, quand la faim des mâles ou du monde à fric la blesse.

Mija, elle a toutes les harmonies d’une élégante modestie. Elle est dame d’honneur et de bonne compagnie.

Pour se sauver des imbroglio qui la minent elle agit jusqu’à certaine compromission, puis se retire des jeux pervers, redonne à sa fille son adolescent déboussolé, laisse aux hommes véreux et à la police, leur champ d’action.

C’est le dernier cours de l’année dans la maison de quartier. Elle a fleuri le bureau du poète, rendu public son premier poème.

Vers quelles limbes liquides ou aériennes s’en est-elle allée ? Aux marches de la beauté…

L'émerveillement d'une vieille dame

L’émerveillement d’une vieille dame


A propos de josineb

Josiane Bataillard vit à Belfort et boit l'eau du robinet. Elle habite dans les livres, à l’abri des pages où s’écrit la vie à l'endroit, à l'envers.

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