La Brouillonne des livres, Jakuta Alikavazovic, Petites Fugues 2017, suite


La Blonde et le Bunker…

La Blonde et le Bunker, Jakuta Alikavazov, Éditions de l’Olivier 2012

La Blonde Anna et John Volstead, sont encore amis, après avoir été mari et femme, comme dans le livre Les Corps volatils paru en 2007.

L’une s’efforce de détruire tous les clichés à « l’autographe frontal », – elle est celle qui a déclenché la photo et celle qui a offert son front à l’auteur qu’elle épousera, lui s’efforce de les lui dérober. Enfin il meurt, elle disparaît…

Seul Gray – encore un personnage du premier roman qui réapparaît – hérite d’une ligne chez le notaire, qui lui intime de retrouver la collection Castiglioni, la collection mythique où se trouveraient des négatifs d’Anna.

Deuxième partie : longue enquête qui le mène des Etats Unis à Venise. C’est une quête aux accents mythologiques, la Collection serait aussi nommée Collection Perséphone – la déesse qui passe six mois aux enfers du dieu Hadès, et six mois sur terre –  ou la collection Euridyce, l’épouse qu’Orphée ne peut ramener des enfers… Toutes ces affirmations croisent les élucubrations d’un savant mis au ban des historiens et critiques d’art pour avoir affirmé que toute œuvre d’art ne devrait pas être vue, ou une fois seulement, le temps d’être nommée, reconnue.

Tout est possible, supposé possible, ou chimère, ou prétexte, oui, c’est bien cela, prétexte à mettre en appétit et les personnages happés par un besoin de savoir, de omprendre, ou par la fidélité à une promesse faite.

Tout se dérobe, s’efface, les personnages ancrés dans la réalité sont condamnés à rechercher leur envers, leur négatif, leur face cachée. Et toi lecteur que cherches-tu ?

Jakuta Alikavazovic réussit. La recette romanesque est un patchwork des aspirations et des situations vécues par les personnages, chez lesquels elle distribue ses passions littéraires, artistiques (photographie, peinture), historiques. Les ingrédients sont ses sources, elle les cite, elle remercie ses conseillers et ami-e-s.

Écrire sur « rien », dévoiler ses carnets d’auteur, sa fabrique, tout est là, et ça fonctionne.

 


A propos de josineb

Josiane Bataillard vit à Belfort et boit l'eau du robinet. Elle habite dans les livres, à l’abri des pages où s’écrit la vie à l'endroit, à l'envers.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *