La Brouillonne des livres, Jean-Luc Sarré


Lectures d’été, ténues, quelques mots qui vacillent, une phrase qui émerge, un portrait, une scène brève. Et le sentiment d’y être pour quelque chose ; Jean-Luc Sarré écarte à peine le rideau, le lecteur y glisse un regard subreptice, le temps de se faire une petite histoire.

Auto-portait au père absent, Le Bruit du temps, 2010

La part des anges, La Dogana, 2007, 500 exemplaires

Les jardins prennent les filles par l’épaule
– les ballerines, sur le miel brun
ne font qu’effleurer les aiguilles –
leurs rires s’engouffrent sous les pins
qui les étreignent puis les relâchent.
Elles reviennent, plus lentes que jamais,
s’accoudent à la balustrade
et regardent les arbres s’éloigner
dans le crépuscule puis mourir.
Elles vivent presque, mais jamais un peu,
aussi leurs regards sont plus graves.
p. 90 La Part des anges

Rouilles dans une flaque d’été

 

 


A propos de josineb

Josiane Bataillard vit à Belfort et boit l'eau du robinet. Elle habite dans les livres, à l’abri des pages où s’écrit la vie à l'endroit, à l'envers.

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