La Brouillonne des livres : La crise commence là où finit le langage, Eric Chauvier


Nous extraire de la manipulation du langage que les instances économiques relayées par des politiques complaisantes nous assènent, c’est possible.

Waouhhhh c’est possible ! Dégage, la crise !

Une quarantaine de pages dénouent l’emprise des grands du monde : « Bourse » « G20 » « FMI » « Banque Mondiale » et « Conseils des ministres », lesquels n’éprouvent aucune culpabilité en agitant le fantôme de la « crise » pour mieux asseoir la maîtrise d’une finance qui les arrange.

A partir d’un exemple concret, Eric Chauvier (anthropologue) décortique notre malaise : une interlocutrice anonyme, voix blanche, pressante, veut pour son plus grand bien lui recommander un conseiller financier pour qu’il paie moins d’impôts.

Malaise, culpabilité : « la pauvre elle est acculée à ce vil boulot sur une plateforme téléphonique ».  Je suis le manipulé, mais je peux devenir son manipulateur. Nous sommes deux affectés par cette rhétorique de l’urgence.

Le malaise perdure : je deviens son avatar ; qui pourrait m’assurer qu’un jour je ne sois acculé à faire ce que fait cette interlocutrice, à devenir ce qu’elle est.

Analyse : « La crise du système est devenue une crise de confiance » « Qu’est-ce que cette conversion d’une raison systémique en raison psychologique ? (…) ce sont des coquilles vides, qui planent très haut dans l’éther »

copie d’écran

 

 

Eric Chauvier, décrit l’engrenage : la « crise » est un concept creux qui masque les raisons macro-économiques qui l’ont engendrée – on pourrait dire sciemment, car les banquiers et les  actionnaires savent très bien ce qu’ils font – ; elle est relayée telle quelle par les médias et dans nos propres conversations.

« Le consensus de la crise prend forme dans la prostration du langage« .

« Cet évènement planétaire ne peut exister sans votre vulnérabilité, sans la mesure de ce que vous ne pouvez vivre, comprendre et exprimer. Vous (y) investissez vos avatars précaires en tous genres : Travailleurs, chômeurs, pressurés, harcelés, SDF, réfugiés, clandestins, malades, suicidés etc »…

 

 

http://www.editions-allia.com/fr/livre/400/la-crise-commence-ou-finit-le-langage

 

 

 

 

 


A propos de josineb

Josiane Bataillard vit à Belfort et boit l'eau du robinet. Elle habite dans les livres, à l’abri des pages où s’écrit la vie à l'endroit, à l'envers.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *