La Brouillonne des livres : autour de Jean-Paul Goux


On croise certains auteurs, un jour dans une librairie (rencontre aux Sandales d’Empédocle à Besançon, il y a longtemps, une autre fois dans le cadre des Petites Fugues, il y a longtemps, ce temps long comme une attente ou une maturation) et l’on garde en mémoire un nom, un nom d’auteur qu’on aura le temps de lire un jour. Parce que les lectures, parfois thématiques, le plus souvent désordonnées, au fil  des rencontres, des affinités livresques ou amicales, sont en attente : dans quel train, quelle maison ou quelle chambre ou cuisine, lirai-je ce livre, cet auteur ? En quelle occasion ? Quel autre viendra s’intercaler, viendra le devancer ? Pour renvoyer mieux certains échos ?

Jean-Paul Goux, 11 octobre 2017,  au musée Beurnier Rossel, dès 18 heures

Interview prévue, menée par Fabien Velasquez.

Jean-Paul Goux, musée Beurnier-Rossel, 11 10 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le plus souvent, le livre passe par une voix amie. C’est la rencontre avec Jean-Paul Goux, au musée Beurnier-Rossel, initiée par Patrimoines écrits en Bourgogne Franche-Comté (accolad et Centre du Livre de Bourgogne) qui m’a mise en route. On ne sait jamais, on ne saura jamais dire s’il eût mieux valu lire tel auteur, tel livre plus tôt, en écho à une recherche – cela fait quelques années déjà que le thème de la ville, de la maison, du fait d’habiter, m’intéresse – en écho  à certains auteurs qui ont abordé ce thème  : Julien Gracq, Italo Calvino, Georges Perec, Pierre Senges, Michel Butor, Pierre Sansot (Montesquieu, Charles-Albert Cingria), chiche moisson au regard de ce qui s’est écrit, mais riche infiniment, car l’envie d’y revenir persiste.

Vient s’y ajouter : Jean-Paul Goux.

Quelques mots autour de L’Embardée, suite de coups d’accélérateur et de coups de frein, quelque chose d’intempestif qui réglerait ses comptes avec les mères et les pères des années soixante-soixante-dix, jeunes adultes affranchis du passé, trop prompts à faire de la ville ancienne, une table rase au nom d’un savoir d’ingénieur, car c’est ainsi qu’il nomme les architectes de ces années-là : ciment, parallélépipèdes, symétries, géométries, une ville en aplat. Quelque chose d’infiniment mélancolique, une mélancolie telle qu’à force d’évocation elle reconstruit, fait renaître et revivre L’Embardée, la maison du grand-père et arrière grand-père, les architectes Marien, vendue par les parents, la génération vandale.

Dans des lettres à Clémence et à Charles –  on les retrouve comme amis attentifs dans Les Hautes Falaises, le roman suivant – le narrateur confie son dépit, sa colère contre l’enlaidissement de la rue Savoie (ou Savoye, troisième arrondissement de Paris), son rêve d’architecte capable de faire revivre le passé d’une maison, d’un quartier, d’évoquer des cités imaginaires conçues pour y habiter avec certaine élégance : on y circulerait, vivrait, partagerait avec les autres, mais on y trouverait aussi, le calme, la beauté, le silence.

Ce sont ces mots-là, qui me viennent, ils ne sont pas donnés tels quels dans le texte, c’est la phrase, l’ample phrase, charnue et balancée du style de l’écrivain, qui fait monter ces impressions.

 

 

 


A propos de josineb

Josiane Bataillard vit à Belfort et boit l'eau du robinet. Elle habite dans les livres, à l’abri des pages où s’écrit la vie à l'endroit, à l'envers.

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