La Brouillonne des livres : Aleksandra Lun et Les Palimpsestes


Aleksandra Lun est traductrice – elle traduit six langues en polonais, sa langue maternelle – se pique d’apprendre en plus le néerlandais et d’écrire un premier roman en espagnol, traduit par Lori Saint-Martin.

Elle n’écrit pas dans sa langue maternelle, pas plus que Nabokov, Jerzy Kosinski, Beckett, Witold Gombrowicz, Joseph Konrad, qui, dans le roman sont traités d’écrivains migrants honnis des écrivains de langue maternelle. C’est bien là leur faute ou leur tare, qui les  a conduits dans un asile psychiatrique, en Belgique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le héros, flasque et soumis, Czeslaw Przesnicki (orthographe simplifiée, Polonais lui aussi) a écrit un premier roman: Wampir, un échec qu’il est seul à mesurer, personne n’a lu son texte. Il subit une thérapie bartelbienne (Bartelby, le héros de Melville), afin d’oublier sa langue d’adoption : l’antarctique, pour ne plus léser les prérogatives des auteurs autochtones.

Sur ces héros de papier, illustres enfermés, volettent les images de Wojtyla, le pape multilingue, les bénédictions de Kalinowski, le compagnon de chambre de Czeslaw Przesnicki, et le souvenir de l’hyperactif Hitler, qui a bousculé les cartes et es frontières.

 

Élégante désinvolture d’une jeune auteure, qui soulève les jupons de l’Histoire, les dessous des prérogatives des auteurs dits autochtones, jaloux de leur langue maternelle.

ça pétille d’humour, on tourne les pages  et en route pour l’aventure. Car il s’en sort le héros mou !

 


A propos de josineb

Josiane Bataillard vit à Belfort et boit l'eau du robinet. Elle habite dans les livres, à l’abri des pages où s’écrit la vie à l'endroit, à l'envers.

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