La Brouillonne des livres : La Balade des perdus de Thomas Sandoz


Depuis 2012, Thomas Sandoz, auteur suisse, publie chez Grasset

2012 : Même en terre

2013 : Les Temps ébréchés

2014 : Malenfance

2016 : Croix de bois, Croix de fer

2018 : La Balade des perdus

2000 : Gerb, à L’Âge d’Homme

Sur ces sept derniers livres, un seul qui me fait faire la moue, celui paru en 2016.

C’est dire le crédit que j’accorde à cet auteur.

Une thématique récurrente, mais pas exclusive : le handicap et le ou les regards qu’il suscite. Même en terre, Les Temps ébréchés, Malenfance, sont des odes amoureuses, nostalgiques d’un auteur qui réussit à dire la différence, le silence, le retrait qu’elle implique, avec une poésie fondante. Oui, c’est goûteux, doux et amer.

Dans un paysage alpestre un bus rouge. Bienvenue en Suisse romanesque

 

Gerb et La Balade des perdus sont aux antipodes du traitement qu’il applique à sa thématique. Gerb, c’est une violente éructation d’un adolescent tronc, qui met le lecteur bien en mal : aucune justification, aucune consolation.

La Balade des perdus, c’est l’aventure rocambolesque de quatre adolescents, trois garçons et une fille, conduits par leur éducatrice à un anniversaire. Mais Luc, le narrateur a oublié ses remèdes, et tout est remis en question. Au lieu de couper cours à la fatale dérive, le voyage s’éternise d’imprévus en incidents et Julia, l’éducatrice s’épuise, laisse l’aventure courir à son terme.

Elle craint pour son poste, et Luc, est-ce un hasard de l’avoir prénommé comme l’évangéliste médecin ? Luc craint pour sa pomme, car s’il n’a point de jambes pour être autonome, il une tête de petit futé, il est devenu, incognito, le médecin des cœurs sur Internet, il rabiboche les âmes en peine à coups de maximes à deux balles !

« Dis-moi quel masque tu mets, je te dirai quel visage tu as » Julio Cortazar in : Les Gagnants, c’est le clin d’œil de Thomas Sandoz, dans l’exergue.

Avec Thomas Sandoz, tous démasqués, les personnages les handicapés et les autres, nous lecteurs, tous avec, humour !

L’humaine condition, c’est bien petit et cela vaut la peine d’en sourire.

 


A propos de josineb

Josiane Bataillard vit à Belfort et boit l'eau du robinet. Elle habite dans les livres, à l’abri des pages où s’écrit la vie à l'endroit, à l'envers.

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