The Cakemaker, un film de Ofir Raul Graizer


Avec Tim Kalkoff (Rôle de Tim) Sarah Adler (Anat) et Roy Miller (Oren)

Où il est question d’amours homo-et-hétérosexuelles… Mais pas que... Voir le synopsis ci-dessous, repris tel quel surle site :

culturebox.francetvinfo.fr/cinema/critiques/the-cakemaker-un-premier-film-d-une-sensibilite-a-fleur-de-peau-274273

Où il est question de la part d’Israël qui se voudrait miroir de la liberté berlinoise, de l’autre part, arc-boutée sur une pratique rigoureuse de la religion juive.

Où il est question d’une caméra caressante, si proche des personnages et qui sait attendre ce qu’ils vont faire…

Où il est question d’un art de la captation des visages, paysages des émotions.

 

SYNOPSIS

Thomas, un jeune pâtissier allemand, a une liaison avec Oren, un homme marié israélien qui voyage régulièrement à Berlin pour affaires. Quand Oren meurt dans un accident de voiture, Thomas se rend à Jérusalem à la recherche de réponses concernant sa mort. Sans révéler qui il est, Thomas se plonge dans la vie d’Anat, la veuve de son amant, qui tient un petit café. Il commence alors à travailler pour elle.

Israël et sa schizophrénie : cette soi-disant pathologie  masque des politiques contradictoires. Israël est un pays divisé au nom de la volonté de pouvoir des conservateurs, des religieux. Leur ajouter d’autres vocables serait leur prêter l’attention qu’ils ne méritent pas.

Dans les plis de cette vie contrainte et de violence, quelques êtres particuliers tissent un bonheur silencieux.

A Berlin, où Tim est pâtissier, la vie s’écoule. Tranquille, voué à son travail, il accomplit sa journée. Harmonie du geste, justesse du regard, franc et doux. Tout est dans une immédiateté frontale. Il se donne à regarder.

Il est aimable au sens propre du terme, répond à l’invite d’Oren, l’homme d’affaire israélien. Une espèce de bonheur nouveau s’inscrit dans le rythme des allées et venues de cet amant israélien et la vie qu’il partage là-bas avec femme et enfant.

Nous en sommes, ici, à peine au quart du film.

Et toujours la caméra qui ne sait rien de plus que le personnage. Gérard Genette, linguiste mort en mai 2018, parlait à propos du discours narratif, de focalisation externe. C’est ici toute la force de Ofir Raul Graizer d’avoir la maîtrise totale de son propos et de laisser au spectateur, tout le temps d’y venir. Comment montrer et seulement montrer, que la vie peut surprendre. Une assignation sexuelle, qu’elle soit première, temporaire, ou variable, peut découvrir son autre réalité.

La  caméra de ce réalisateur patiente, laisse à ses personnages le temps de réfléchir, de se décider. Notre attention redouble, sans agacement, car toutes ces attentes sont brefs instants suspendus. Vie furtive qui cherche son chemin dans une façon d’être au monde, d’accomplir les gestes du quotidien dans une habitude sage mais à l’affût de l’étincelle de vie.

La caméra de ce réalisateur caresse les visages, les saisit sous des angles variés (pas exclusivement plongée contreplongée, mais aussi des diagonales picturales, propres aux portraits des grands peintres, je pense à Vermeer). La lumière elle aussi caresse les peaux, fait lever la carnation au rythme des respirations, des émotions. Beaucoup de silence, des soupirs, quelques ahans… Cela respire comme des portraits réalisés au pastel.

Cela inspire tant de beauté, que les fous du cascher en auront la face renfrognée de cette rage qui les ride et les enlaidit.

Et la bande son ? Il faudrait que je réécoute. Elle doit être parfaite puisqu’elle s’est faite si discrète. Qu’elle se fond – j’ai réécouté – comme  les ingrédients d’une « Schwartze Tochte », une forêt noire.

 

 


A propos de josineb

Josiane Bataillard vit à Belfort et boit l'eau du robinet. Elle habite dans les livres, à l’abri des pages où s’écrit la vie à l'endroit, à l'envers.

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