Robert Walser, le discret


Robert Walser : Bienne 1878, Herisau 1956, le poète mort dans la neige…

Dans le texte : Retour dans la neige, Robert Walser a eu la vision prémonitoire de sa mort:  « Je n’avais pas de par-dessus. Je tenais la neige à elle seule déjà pour un manteau m’enveloppant d’une merveilleuse chaleur.

Bientôt je réentendrai la langue de mes parents, de mes frères et de mes sœurs et je foulerai à nouveau le sol aimé de sa patrie. »

Que se passe-t-il à Bienne (Suisse) en 2019 ?

©SoNya
Installation- gare de Bienne (Suisse)

 

Un artiste, de grande renommée, si tant est qu’il est souhaitable – ou non- de le qualifier ainsi, a fait installer devant la gare une suite de baraques  et de pièces à travers lesquelles une longue déambulation est possible. Au risque de s’y perdre ?

Un Point de rencontre avec une Lady Xena

figure allégorique du sexe, au prétexte que Robert Walser aurait une sexualité…blablabla… Un point stratéGique probablement !

Une invitation à « Apporter le monde arabe » et sa calligraphie, au prétexte que Robert Walser aurait fait de la calligraphie, blablabla… Les microgrammes de Walser, longtemps considérés comme l’écriture d’une personne aliénée, écriture de « la mélancolie » selon Carl Seelig son tuteur de 1944 à 1956 figuraient sur des papiers de toutes sortes, récupérés à l’asile de Herisau.

« Hans Nöhbauer exploite l’image de Champollion pour rendre compte de la tâche pharaonique de Echte et Greven » qui ont littéralement déchiffré cette écriture. In : http://www.culturactif.ch/livredumois/livredumoiswalser3print.htm

Fragment d’un journal (Robert-Walser Gesellschaft, Zurich, Musee Neuhaus Bienne 1996-97, Carl Seelig Stifung, Zurich, transcription et édition de Bernard Echte)

©SoNya

 

En regard de ce grand déballage artistique ? Hum ! et médiatique : quelques paroles de Robert Walser à Carl Seelig qui lui rend visite une fois par mois, environ.

12 avril 1953 : « le jour de son soixante quinzième anniversaire, Robert, à en croire le docteur Steiner, se montra d’humeur massacrante. A la moindre allusion aux articles de journaux, aux émissions de radio consacrés ce jour-là à sa personne et à son œuvre, il vous rabrouait sans coup férir : « Cela ne me regarde absolument pas ». »Carl Seelig, Promenades avec Robert Walser, Rivages poche.

30 septembre 1954
« Aller son propre chemin, discrètement et en toute modestie, cela reste le plus sûr bonheur, le seul qui soit à notre portée. » C’est Robert qui s’adresse à Carl.

Alors ?

Même si « l’installation » bricolée avec des sans papiers et des chômeurs en présence de l’artiste Thomas  Hirschhorn revendique  sa dimension socialo-artistico-littéraire, il me semble plus souhaitable de mettre dans la poche de chaque passant un petit livre de Robert Walser, une petite prose, une Promenade, car chez lui, tout est petit, discret, léger.

Robert Walser fait savoir que durant toute l’été, il sera absent de Bienne, inatteignable sur les réseaux sociaux.

 

 

 

 


A propos de josineb

Josiane Bataillard vit à Belfort et boit l'eau du robinet. Elle habite dans les livres, à l’abri des pages où s’écrit la vie à l'endroit, à l'envers.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *